Biblioteca Municipal Joan Oliva i Milà Ajuntament de Vilanova i la Geltrú

Biblioblog – Fora del prestatge

Le courage qu’il faut aux rivières, Emmanuelle Favier

(…) Un rien l’émouvait des paysages familiers qu’elle croyait à présent découvrir : levant la tête elle constatait des ciels de peintre, qu’elle observait longtemps se défaire entre les cimes et retomber au faîte des sapins en traînes dorées ou bleues ; ou bien c’était la virtuosité d’un flocon de neige qui, tout à coup, lui livrait des finesses jusqu’alors ignorées. Emmanuelle Favier

Chers lecteurs/lectrices,

Le livre proposé ce mois-ci, Le courage qu’il faut aux rivières, est le premier roman de la journaliste française Emmanuelle Favier, née le 27/02/1980, correctrice –relectrice pour Mediapart où elle a publié de nombreux articles. Elle est auteure de plusieurs livres de poésie , d’un recueil de nouvelles et a soutenu une thèse sur Rimbaud adapté au théâtre. 71HiRZKxjYLElle a aussi participé à des festivals littéraires où elle interpréte ses textes sur scène accompagnée du guitariste Fabien Montes dans le cadre du duo “Proses elèctriques”. L’été 2019, elle vient de signer son deuxième roman, Virginia, qui est une biographie romancée de Virginia Woolf.

Dans ce premier livre couronné de nombreux prix , Françoise Favier s’inspire d’une part, d’une tradition perdue et souvent méconnue des campagnes albanaises : celui des vierges jurées appellées aussi “Burmesha” qui sont des femmes qui font le serment de rester vierges et renonçent à leur condition de femmes. Elles vivent totalement intégrées et acceptées au sein de la communauté comme des hommes.

logo frances 2018-2019 2 color rodonaD’autre part, elle traite avec plus de profondeur le sujet de la construction de l’identité, de l’ambigüité des genres, de l’acceptation de soi-même, du désir et de la différence, et tout cela dans un style poètique et sensuel, et avec, comme fil conducteur, celui de l’amour et le courage de savoir suivre son chemin vers soi-même.

Elle cite d’ailleurs Tahar Ben Jelloun, dont nous avions lu au club son beau livre L’enfant de sable, où l’auteur s’inspire d’un fait divers authentique, dans un quartier arabe quand Ahmed, une fillette qui nait au sein de la famille d’un riche commerçant , sera socialement obligée à être et se comporter comme un mâle. Ce thème par ailleurs rappelle aussi le sort de certaines fillettes en Afganistan que l’on fait passer pour des garçons jusqu’au moment où elles atteignent la puberté.

La société décrite dans Le Courage qu’il faut aux rivières, est très patriarcale avec ses traditions archaïques où les codes suivis sont très sévères. Les vierges jurées, souvent, sont des femmes qui ont fait le choix de devenir homme pour échapper à un mariage forcé ou parce qu’elles doivent assumer le rôle de chef de famille pour acquérir tous les droits en l’absence d’héritier mâle.

La protagoniste de l’histoire est Manushe, une vierge jurée qui a complètement bannie de sa vie sa sexualité mais qui sent effleurer en elle, petit à petit, des sentiments et des émotions endormies lorsqu’Adrian arrive un beau jour dans son village…

Je vous joins ci-dessous plusieurs liens d’interêt:

Tribune de Gèneve
La Croix
France Culture
Le Temps
France 24
Huffpost
Halshs.archives
Le Point
L’actualité
Hétéroclite
Institut National de l’Audiovisuel

Biblioteca Joan Oliva i Milà.

10 Comentaris fins ara

  1. ESTHER dimecres 22 de gener de 2020 - 10:54 h

    Cher Eduard,

    Bonjour Eduard,

    À propos de la remarque que tu fais sur le vocabulaire, je veux te rassurer car tu n’as pas été le seul a éprouver une certaine difficulté .
    L’important dans toute lecture est de saisir le texte dans son contexte et d’après les commentaires que tu en fais, je vois que tu as bien compris.
    Hier, malgré le temps, les membres du club qui sont venus ont fait un excellent rapport , la conversation autour de ce livre a été très fructueuse. J’en suis très satisfaite.
    Par contre, nous n’avons pas discuté du silence dont tu parles et qui, effectivament, est present dans tout le livre.
    Merci bien et à très bientôt!

  2. EDOUARD dimecres 22 de gener de 2020 - 8:04 h

    Bonjour Esther! D’abord j’avoue que j’ai eu du mal à lire le livre car il m’a fait remarquer comme il est de faible mon vocabulaire. J’ai dû consacrer trop de temps avec le dictionnaire afin de meilleur saisir l’histoire. Bon, j’ai l’impression que ce sont des histoires coïncidentes dans l’espace et dans le temps, pourtant différentes à l’origine et circumstances. Les atmosphères dont les histoires se placent, montrent la sordidité et la misère qui entourent les personnages, ainsi que la lutte interne livrée par ces femmes ayant renoncé à leur sexualité. Cependant, elles parviennent à vivre la sexualité soit par hasard ou volontiers, toujours en cachette. Manushe et Adrian vivent une histoire très émouvante, oú la sensualité est présente comme il en est le silence. Le silence est un protagoniste présent dans toutes les histoires ( Manushe, Adrian, Dirina, etc.).

  3. ESTHER dijous 16 de gener de 2020 - 8:46 h

    Chère Pepa,

    c’est vrai que la narration possède un penchant poétique plein de sensibilité et très plaisant. Je suis d’accord avec toi que Manusche suscite un certain sentiment de compassion chez le lecteur. Son entourage admire le sacrifice qu’elle a fait, lui est reconnaissant. C’est elle qui va acheter en ville pour les autres et porte une grande charge à leur place etc Mais aussi le lecteur sent de la compassion pour ce personnage par rapport à Adrien lorsqu ‘elle fait sa connaissance et elle commence à se sentir décalée dans son statut d’homme. Nous verrons bien ce qu’en pensent les autres. A bientôt Pepa et au plaisir de nous revoir.

  4. PEPA dimarts 14 de gener de 2020 - 9:37 h

    J’ai fini et bien aimé le lire. Bien ecrit, fascinant de decouvrir cette situation aussi opresive. Ce mélange de coutumes, la différence des personnages de la campagne et la cité, la description des paysages, la tendresse et la brutalité… tout exposé depuis une realité humaine avec lucidité et une certaine compassion. Riche en vocabulaire et une façon poètique de s’exprimer.

  5. ESTHER dimarts 14 de gener de 2020 - 7:13 h

    Cher Henri,

    je suis ravie de savoir que la lecture de ce livre t’aies semblé agréable et que certains détails t’aient évoqués des souvenirs d’enfance. Je suis satisfaite également de penser que j’ai fait un bon choix en proposant l’achat de ce livre à la bibliothèque et de savoir que d’autres lecteurs et lectrices des clubs de lecture en français du réseau pourront s’en bénéficier étant donné que cette auteure n’est pas dans les listes de livres recommandés par les librairies etc…

    Je vous dis à très bientôt pour notre prochain rendez-vous et commentaire de ce livre, mardi 21 janvier à 18h.

  6. Enric dilluns 13 de gener de 2020 - 9:44 h

    Bonjour Esther,

    Cette histoire est intéressante et surprenante à la fois. Favier nous livre un récit sur une catégorie de femmes dont je n’en connaissais pas l’existence. Renoncer à la condition de femmes et en contrepartie, acquérir les droits que la tradition réserve depuis toujours aux hommes: travailler, posséder, décider. Manushe est l’une de ces « vierges jurées » elle a fait le serment du refus d’épouser l’homme qui lui était destiné. Elle serait un homme, vivrait commeun homme, ressemblerait à un homme et en contrepartie elle possèderait un pouvoir comme un homme : siègerait au sein de la communauté, près du chef, participerait aux prises de décisions etc.
    L’intrigue apparait lorsqu’ Adrian, un être au passé enigmatique. Lui aussi à beaucoup à dire. Sa vie a été un long chemin de quête identitaire, et cette présence va bouleverser Manusche mais aussi tout le village. Les apparences sont trompeuses, les certitudes ébranlent. Il y a trois personnages qui auront aussi leur rôle dans le récit: Iddir, Gisela et Dirima.
    La lecture est captivante par les personnages et leurs passés, par leurs présents et par leurs devenirs . Elle est aussi accrochante car une fois entamée , je ne l’ai plus lâchée et j’ai voulu connaitre et comprendre cette communauté ainsi que son fonctionnement et son ressenti. Etre homme en tant que femme mais comprendre que les sentiments vont bien au-delà d’un statut. L´écriture est riche de détails, de vocabulaire. La présence de la nature, des signes, des apparitions et prémonitions sont également des éléments qui contribuent à donner une ambiance particulière au récit.
    Ce roman m´a fait rappeler mon enfance, j’habitais une rue dans laquelle habitaient des familles gitanes. La relation entre les voisins était très normale. Mais quand les filles étaient promises en mariage, les filles n’avaient plus le contact avec leurs amies de la rue. Elles sortaient toujours accompagnées avec la mère ou un membre de la famille jusqu’ au jour du mariage et après elles partaient vivre chez leurs beaux-parents. Leurs tradition et mœurs étaient sacrés pour eux. C´était la garantie desurvivance de leur culture et de leur idiosyncrasie comme ethnie et peuple.

  7. ESTHER dilluns 13 de gener de 2020 - 6:25 h

    Chère Karla.
    À propos de ce que tu te demandes s’il existe d’autres vierges jurées autour du monde, dans le livre de Young vraiment très intéressant â lire et consulter, elle cite â Peter Phillimore qui a etudié par exemple le cas des sadhin . Ce groupe sont des femmes célibataires qui vivent à Himachal Pradesh, en Inde. Tout comme les vierges jurées albanaises, elles s’habillent en hommes et restent célibataires toute leur vie, bien qu’elles ne prêtent pas serment. Je te garde ce livre pour que tu puisses le lire et consulter.

  8. KARLA dijous 9 de gener de 2020 - 8:45 h

    J’ai beaucoup aimé le livre d’E. Favier, toute une découverte. Merci de l’avoir programmé.
    Voici mon commentaire.

    Pour refuser un mariage arrangé, Manushe devient une « vierge jurée »! statut qui m’était tout à fait inconnu. Via une cérémonie, ces filles renoncent à leur sexe et à toute union pour devenir des hommes aux yeux de la communauté.
    Un statut curieux qui sert à remplir le vide de l’homme ou d’échapper aux obligations de jeunes filles comme le mariage. Coutume connue dans les communautés du Balkan, en Albanie mais aussi au Monténégro. Le prix de pouvoir exercer ce statut est le sacrifice total de leur féminité.
    En revanche elles sont considérées des hommes dans leur communauté et sont traitées avec égards.
    Néanmoins j’ai lu qu’une vierge jurée d’Albanie en retraite ayant travaillé comme bergère ne reçoit comme pension que le montant correspondant a une bergère, inférieure à celui d’un berger !
    « Toute sa vie, il a travaillé comme berger à la coopérative agricole, mais il a obtenu une retraite de bergère, au montant un peu moins élevé” (voir lien https://www.letemps.ch/monde/vierges-jurees-dalbanie-devenir-hommes-femmes-libres). Curieux ou tout de même pas?
    Le livre nous présente différentes femmes toutes avec un statut assez spécial et intéressant. La vierge jurée, la fille transformée et traitée par ses parents comme un garçon, la prostituée et d’autres femmes plus courantes. E. Favier nous conte les sentiments de Manushe quand elle connaît Adrien. Et nous explique surtout la vie compliquée de ses 2 personnages…

    Grâce à la lecture de ce livre j’ai appris quelque chose que j’ignorais et qui m’a intéressé énormément à connaître! Je me demande d’ailleurs si cette coutume existe dans d’autres pays?

  9. ESTHER dijous 19 de desembre de 2019 - 7:51 h

    Bonjour Pepa,

    On m’avait offert ce livre pour Noël 2017 et je l’avais lu avec plaisir et surtout avec curiosité parce que je n’avais vraiment aucune idée de l’existence de ces femmes.
    Avec Karla, nous avons aussi commenté la même chose et même si l’opinion, point de vue de l’histoire peut varier ensuite dans nos appréciations, le seul fait de connaitre ce thème et de lire l’essai anthropologique de Young maintient notre interêt.
    Heureuse de savoir Pepa, que tu as bien commencé.

  10. Pepa Castelló dimecres 18 de desembre de 2019 - 16:15 h

    Bonjour, j’ai comencé la lecture et je la trouve tres interessant.

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