Biblioteca Municipal Joan Oliva i Milà Ajuntament de Vilanova i la Geltrú

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Allah n’est pas obligé, Ahmadou Kourouma

Je décide le titre définitif et complet de mon blablabla est Allah n’est pas obligé d’être juste dans toutes ses choses ici-bas. Voilà. Je commence à conter mes salades. Et d’abord… et un… M’appelle Birahima. Ahmadou Kourouma.

Chers lecteurs/lectrices,

9782020525718-esAhmadou Kourouma , considéré comme l’un des plus grands auteurs de la littérature africaine du XXe siècle, nous livre dans son roman Allah n’est pas obligé un message très impactant qui sert à renforcer sa prise de position politique vis-à-vis des causes principales des conflits ravageant le continent subsaharien.

Pour bien s’y prendre, il a pris comme narrateur un enfant de 12 ans, Birahima, orphelin, appartenant à l’ethnie Malinké qui s’aide de la parole, de l’écriture et de différents dictionnaires pour expliquer comment les guerres tribales ont commencé au Liberia et en Sierra Leone, comment les ethnies sont manipulées pour qu’elles se tuent entre elles, comment la corruption ,la mauvaise gestion et intérêts des gouvernements obligent la population à vivre de manière misérable, pourquoi la communauté internationale aggrave la situation en Afrique de l’Ouest, pourquoi ces pays ne parviennent pas à se développer… etc.

Il est important de bien suivre tous les repères historiques et authentiques qu’il donne afin de situer les évènements et en contextualiser l’histoire et de s’accoutumer au style narratif de Kourouma qui mêle quatre langages pour la conter. Ainsi et tout le long du livre il utilise des mots et expressions diverses comme Faforo (sexe de mon père), gnamokodé (bâtard), donson ba (maître chasseur qui a déjà tué un fauve et un génie malfaisant)…etc paroles dont il se charge de bien spécifier leur provenance entre parenthèses.

Avec l’aide du Petit Robert et du Larousse il peut expliquer les gros mots français aux noirs nègres indigènes d’Afrique et pour les toubabs français de France se sert de l’Inventaire des particularités lexicales du français d’Afrique, quant au Harrap’s il l’utilise pour expliquer les gros mots pidgin à tout francophone…

Kourouma utilise le malinké, le français standard, le français local, et pidgin (langue simplifiée qui sert à la communication entre deux langues) pour créer son œuvre et lui donner toute sa singularité et sa franchise. Je vous invite à lire ce bel article de Mufutau Adebowale Tijani pour mieux comprendre ce métissage.

Ahmadou Kourouma, un conteur traditionnel sous la peau du romancier

L’histoire

AHMADOU KOUROUMA ECRIVAIN IVOIRIENÀ la mort de sa mère, Birahima, pense qu’il est maudit parce qu’il n’a pas respecté et aimé sa mère en vie et celle-ci est morte avec « la mauvaiseté dans le cœur ». Sa tante qui est revenue au village à l’ocasion des funérailles devient sa tutrice. Peu de temps après, elle est obligé de s’enfuir au Libéria. Birahima part à sa recherche accompagné de Yacouba, un riche exportateur, guérisseur et bandit de grand chemin qui va assurer sa protection. logo frances 2018-2019 2 color rodonaTous deux s’introduisent dans certains groupes armés pour traverser le Liberia et la Sierra Leone où regorgent de nombreux enfants-soldats…

Quelques unes des oeuvres de Kourouma sont Les Soleils des indépendances, son premier roman écrit en 1968, Le vote des bêtes sauvages (1988), Le Diseur de vérité (1998) . Allah n’est pas obligé a reçu le prix Renaudot el le Goncourt des lycéens l’an 2000. Cet écrivain est aussi le premier lauréat ivoirien de l’histoire et a reçu le prestigieux grand prix Jean-Giono pour l’ensemble de son œuvre. Décédé à Lyon en 2003 le Salon du livre de Genève a créé en son honneur le prix Ahmadou-Kourouma, qui récompense depuis 2004 les ouvrages consacrés à l’Afrique noire.

www.letemps.ch

www.jeuneafrique.com

afrique.tv5monde.com

Biblioteca Joan Oliva i Milà.

3 Comentaris fins ara

  1. Enric dilluns 28 de gener de 2019 - 13:59 h

    Bonjour Esther.

    L’auteur nous montre l’image de cette Afrique où personne n’est livré à lui-même et où toujours on s’entraide même dans la misère la plus noire. L’absence totale de scrupules, le don pour la survie à n’importe quel prix, la faculté de soumettre les autres, tous ces attributs qui nous sont propres et ressurgissent dès qu’il y a situation de manque ou de guerre.
    Ahmadou Kourouma nous fait plonger au cœur des guerres tribales africaines à travers la voix de son jeune narrateur Birahima, “l´enfant de la rue sans peur ni reproche, the small-soldier” un jeune enfant de 10 ou 12 ans, qui après la mort de ses parents, part à la recherche de sa tutrice, une tante. Accompagné par un bandit boiteux, multiplicateur de billets et féticheur musulman, ils traversent le Liberia et la Sierra Léone là où les guerres font rage. Ce sont des guerres faites par les soldats-enfants drogués, manipulés et “chair à canons” au profit de chefs cruels ou illuminés, avides de sang et d’argent. Ces guerres semblent être motivées par des rivalités puériles, par des motifs enfantins, par des alliances opportunistes. Les chefs de guerre et les différents dictateurs sont également décrits comme de grands enfants, dont les motivations sont loin d’être politiques et idéologiques Le bien et le mal sont souvent confondus.
    Mais derrière tant de cruauté, de chaos politique et économique, tant d’absence apparente de sensibilité et d’humanité, quels sont les vrais responsables ? Les propres africains ? Après le colonialisme et la guerre froide, les occidentaux ont laissé l’Afrique qu’ils ont façonnée à leur mesure et profit. Après la lecture de ce livre le lecteur est susceptible de sentir une certaine honte à mon avis. Il m’a semblé très interessant.

  2. ESTHER dissabte 12 de gener de 2019 - 5:16 h

    Effectivement, une façon d’écrire particulière et qui éclaire beaucoup le lecteur. Kourouma explique vraiment bien comment se produisent les guerres tribales et les coups d’État. Une vraie leçon d’histoire qu’il nous faut étudier pour essayer de comprendre bien des choses…

  3. AGELA dimecres 9 de gener de 2019 - 18:21 h

    Bonjour Ester et copains du Club.
    Vraiment étonnée par ce livre, je n’ai pas pu laisser de lire jusqu’à la fin.
    Quant à la façon d’écrire de Kourouma je l’ai trouvé fantastique par sa simplicité, selon le point de vue d’un garçon. L’histoire répétitive des dictionnaires je l’ai trouvé super original et en plus à la fin on nous découvre pourquoi. Tout ce qui c’est passé dans ces pays est si terrible que uniquement de cette façon de dire pouvons les lecteurs supporter cet horreur.
    On peut dire que c’est une leçon d’histoire récente (1998) une vision des africains bien éloignée de celle que nous avons (le même personnage peut être musulman, chrétien et fétichiste) comme les influences des colonisateurs on été mélanges avec son fétichisme. Le personnage féminin qui surveille à mort les filles soldat pour qu’elles arrivent vierges à la libération du pays pour après les mutiler avant les marier… en fin, je regrette ne pouvoir pas été là mardi parce que il y a tant i tant de choses à commenter!
    Merci de m’avoir fait un trou pour les lectures.
    Le 22 je passerai par la bibliothèque pour prendre le nouveau livre.
    Merci à nouveau et bonnes lectures.

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