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Suite française d’Irène Némirovsky

Irène NémirovskyIrène Némirovsky née à Kiev en 1903 fille de Leonid Némirovsky et d’Anna Margoulis est issue d’une famille juive aisée. Suite à la persécution des juifs en Ukraine, la famille est obligée de s’enfuir à Saint PetersBourg et en 1919 elle s’installe en France fuyant la Révolution Russe.

Si l’œuvre d’Irène Némirovsky est écrite en français, c’est qu’elle fut certainement inspirée par une gouvernante française qui lui fit aimer la langue et la culture française.

Son premier roman, David Golder, publié chez Grasset en 1929 la rendit célèbre et le reste de ses œuvres reçut une bonne critique, car elle fut un écrivain très reconnu en France pendant les années 30.

Malgré son succès, elle n’obtint pas la reconnaissance du gouvernement français car il ne lui accorda jamais la nationalité française… En 1942 elle sera arrêtée et déportée à Auschwitz où elle mourrut d’un typhus quelques mois plus tard.


L’oeuvre
:

Suite française: est une partie d’un manuscrit inachevé sur lequel elle travailla jusqu’à son arrestation. Ses deux filles le gardèrent précieusement malgré la douleur des mauvais souvenirs des lois raciales du Gouvernement de Vichy qui les obligea à fuir et à se cacher d’un côté et de l’autre. Soixante ans après la mort de leur mère, elles décidèrent de le confier à l’IMEC afin qu’il voit le jour.

Dotée d’une écriture exceptionnelle et intimiste, Irène décrit avec grande lucidité une des périodes noires de l’Histoire du XXè s.

Suite françaiseSuite française se compose de deux parties, celle de “Tempête en juin” ou Irène Némirovsky dépeint la vie de personnages comme par exemple: les époux Michaud (modestes employés de banque parisiens); les Péricand (famille nombreuse et traditionaliste catholique), dont le fils aîné est un religieux qui prend en charge tout un groupe d’orphelins; Charles Langelet (un bourgeois obèse, avare et sans scrupule); Gabriel Corte et sa maîtresse Florence (lors de leur exode en direction du Sud suite à l’avance de l’armée allemande en 1940). Le désespoir, la panique, la cruauté, la condition humaine, y sont parfaitement reflétés.

Puis une deuxième partie “Dolce” où elle décrit la vie des gens du petit village de Bussy (Saône –et-Loire), occupé par un régiment allemand, où vont se mêler des relations ambiguës, d’amitié, de méfiance, de haine, d’amour entre le peuple français et les occupants etc.

Les notes qui apparaissent à la fin du livre nous font comprendre qu’elle avait l’intention de rédiger trois parties de plus au fil du déroulement de la guerre. “Batailles? Captivité? Paix?”. Les points d’interrogation marquent l’incertitude du présent qu’elle vit. Ce livre a été publié en France en 2004 et a reçu le prix Renaudot ainsi qu’une excellente critique littéraire en France.

A VOUS DE COMMENTER:

  • Est-ce que l’absence de personnages juifs vous a surpris?
  • Comment avez-vous interprété les relations ambiguës entre le peuple français et les occupants?
  • Pensez-vous que Irène Némirovsky mène une réflexion sur la guerre ou se contente t’elle de dépeindre la situation politique et sociale du moment?
  • Pour en savoir plus sur Irène Némirovsky:

    Esther Bruna.
    Club de Francès.

    Livres d’Irène Némirovsky dans la Bibliothèque:

    Llibres

  • El Ardor de la sangre
  • El ball
  • David Golder
  • Un infant prodigi
  • El mestre d’ànimes
  • Suite francesa
  • 5 Comentaris fins ara

    1. Esther dissabte 4 de desembre de 2010 - 17:33 h

      Salut Xavi
      Tout à fait d’accord avec toi, la guerre donne la main à la peur, la soumission et la résignation malheureusement.
      Prenons le cas de la Vicomtesse par exemple qui était au début de la guerre patriote et anti-allemande ayant fait à l’école libre une série de conférences populaires au sujet de la psychologie hitlérienne où elle les dépeint comme des sauvages, des fous etc.
      Pourtant, lorsque son mari se fait nommer maire à la montée au pouvoir du Maréchal Pétain, tout change avec la politique de collaboration.

    2. Esther divendres 3 de desembre de 2010 - 21:21 h

      Salut Sani,
      c’est vrai que le passage que tu as choisi est vraiment poignant et nous découvre combien Madame Angellier était intègre dans ses convictions laissant à part les sentiments contradictoires et injustes qu’elle éprouvait pour sa belle- fille.
      Au club nous en avons parlé et nous avons été d’accord par rapport à l’extrait de la mort de Philippe Péricand qui nous a frappés.
      “Les Allemands croyaient acheter ainsi la tolérance et l’oubli. Ils y parvenaient.”
      Nous avons commenté longuement aussi les relations ambivalentes si bien décrites par l’auteur et nous avons eu un témoignage magnifique d’une des membres du Club qui nous a parlé du village etc.

    3. Sani dijous 2 de desembre de 2010 - 18:21 h

      Dolce . Chapitre 19. (pages 472 -473 pour édition Folio Gallimrd)

      La guerre, on sait bien ce que c’est. Mais l’occupation, en un sens , c’est plus terrible, parce qu’on s’habitue aux gens, on se dit : “Ils sont comme nous autre, après tout”, et pas du tout, ce n’est pas vrai.On est deux espèces différentes, irréconcilaibles, à jamis ennemis

      Mme Angelier les connaissait si bien, ses paysans, que’lle croyait lire leurs pensées sur lurs visages. Elle ricana. Elle n’avait pas été dupe, elle ! Elle ne s’était ps laissé acheter !
      Car tous étaient à vendre. Aussi bien dans le petit bourg de Bussy comme dans le reste de la France.
      les Allemands offraient de l’argent aux uns (…) aux autres, aux jeunes, aux femmes, du plaisir. On ne s’ennuyait plus depuis que les Allemands étainet là. Dieu,sa bru elle-mème !…
      Elle ferma à demi les yeux et étendit devant ses paupières baissée une longue main blanche et transparente, comme si elle se refusait à voir un corps nu.
      Les Allemands croyaient acheter ainsi la tolérance et l’oubli. Ils y parvenaient. Amèrement , Mme Angellique passa en revue tous les notables du bourg, ous avaient fléchi, tous s’étaient laissé séduire (…)
      Les familles nobles s’allient entre elles sans égard aux frontières, mais en y réfléchisant, les gands bourgesois ne valeient guère mieux. (…)
      Mmem Angellier en arivait à se trouver seule de son espèce, farouche, iréductible comme une forteresse, la seule forteresse qui demeurait deboutr en France, hélas mais que rien ne pourrait abattre ni réduire, car ses bastions n’étaient pas faits de pierres, ni de chair ni de sang d’ailleurs, mais de ce qu’il y avait au monde de plus immatériel et de plus invincible à la fois : l’amour et la haine .”

      C’est franchement touchant comme passage.
      J’ai n’ai pu m’empêcher de l’associer à l’acte final de la pèce de Ionesco Le Rhinocéros.
      Jean Béranger, comme Mme Angellier, elle comme lui, la quintessence de l’individu intègre face à la masse corrompue par le mal…

      Je ne connaissais une version de cette morale. Me voilà que j’en connais deux maintenant.

      Merci, Esther, d’avoir choisi et de nous avoir proposé la lecture d’un livre aussi beau et aussi touchant.

      je vais poster cet extrait et cette réflexion sur la partie commentaire du Blog Club de Lecture en Français.

    4. Virginia divendres 5 de novembre de 2010 - 20:22 h

      Je suis d’accord avec Xavi.

      Ces relations ambigues que nous pouvons percevoir vers la fin du premier recueil sont frappantes.
      Lorsqu’en pense que l’on pourrait se trouver dans de telles situations, ça met vraiment la chair de poule.

      Quant aux personnages juifs, peut-etre elle n’en parle pas car elle se considere française par dessus tout

    5. Xavi Gil diumenge 31 d'octubre de 2010 - 21:22 h

      Je ne suis pas surpris par l´absence de personnages juifs parce que la fuit est rapide et la situation bèlique recomende passer desapercevue à l´Irene.
      La grande peur c´est le moteur entre les relations ambigues.
      Irene mene à une refletion de comme la guerre peut changer la personalité de peuples et de nations et devenir l´homme un loup pour la famille,les amis et la reste de personnes.

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