Biblioteca Municipal Joan Oliva i Milà Ajuntament de Vilanova i la Geltrú

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Le grand cahier, Agota Kristof

(…)Pour décider si c’est “Bien” ou “Pas bien”, nous avons une règle très simple : la composition doit être vraie. Nous devons décrire ce qui est, ce que nous voyons, ce que nous entendons, ce que nous faisons..
Par exemple, il est interdit d’écrire : “Grand-mère ressemble à une sorcière”; mais il est permis d’écrire “Les gens appellent Grand-mère la Sorcière(…) .
Agota Kristof.

Chers lecteurs/lectrices,

le-grand-cahier-tea-9782021096927_0Le livre proposé ce mois-ci, Le Grand Cahier, est l’écriture d’une composition fascinante, un récit de vie ou plutôt de survie et de résistance tenu par deux jumeaux de huit ans, Klaus et Lucas, dans un village frontalier alors que la guerre sévit dans la capitale en Hongrie. Confiés à leur grand-mère, une méchante et désagréable femme qu’ ils ne connaissent pas, ils doivent réussir à s’adapter dans un milieu cruel et exempt d’amour et d’affection et se soutenir l’un à l’autre. Klaus et Lucas sont deux narrateurs et protagonistes d’une histoire génératrice de messages extrèmements forts et malheureusement, tragiquement humains.

Simplicité, rytme et réalisme plein de cynisme tiennent en haleine de la première à la dernière page ce premier roman qui rend célèbre Agota Kristof en 1987 . Bien que ce manuscrit soit refusé dans un premier temps par Grasset et Gallimard , il fait le poids à Gilles Carpentier des éditions du Seuil qui décide de le publier. Excellent choix que fait d’ailleurs cet éditeur car elle reçoit le prix du “Livre Européen” . Avec La Preuve et Le Troisième Mensonge , elle complète une trilogie aujourd’hui traduite en trente langues où le lecteur peut connaitre la suite de cette première histoire bien qu’il risque de se sentir dérouté car fiction, réalité et mensonge se mêlent à plusieurs moments.

Une pièce de théâtre adaptée et mise en scène par Paula Giusti et interprétée par la Compagnie de théâtre Toda Via Teatro.

Agota Kristof nait en 1935 en Hongrie, à Csikvand et quitte son pays à jamais pour croiser la frontière autrichienne en 1956 lors de la répression Soviétique. Agota_KristoffA vingt et un an, elle obtient le statut de réfugiée “tout par hasard” en Suisse, à Neuchâtel. Elle vit de petits boulots et va devoir apprivoiser la langue française qu’elle considère comme une langue ennemie pourtant, la nécessité d’écrire lui permettra de lutter pour la conquérir.

Elle en fera son choix comme langue d’écriture tout comme elle l’écrit dans son autobiographie l’Analphabète. Cette langue, je ne l’ai pas choisie. Elle m’a été imposée par le sort, par le hasard, par les circonstances. Écrire en français, j’y suis obligée. C’est un défi. Le défi d’une analphabète.

C’est pour cela qu’elle fera de cette langue une lutte acharnée tout le long de sa vie. Dans cette autobiographie, elle explique son rapport avec cette langue, avec l’écriture, son enfance, la pauvreté après la guerre, etc. Et le lecteur comprendra combien l’exil est le thème récurrent dans toute son œuvre. Je vous la recommande vivement d’autant plus que c’est un récit très court et qui éclaire bien sur sa manière d’écrire.

N’hésitez pas à lire le lien que je vous joins ci-dessous pour en savoir davantage sur cette auteure.

www.franceculture.fr

Je vous joins aussi le lien du film :

www.allocine.fr

Biblioteca Joan Oliva i Milà.

2 Comentaris fins ara

  1. ESTHER dissabte 16 de novembre de 2019 - 5:24 h

    Bonjour Henri, tout à fait d’accord avec toi.
    Je pense que le côté absolument fascinant et qui pousse le lecteur à suivre est celui-là.
    Cette absence de sentiments et cette préparation des jumeaux à apprendre à survivre dans un atmosphère noir.
    “Pas de pitié pour les canards boiteux”, pas de pitié pour les pauvres, pour ce qui souffrent…
    Je suis persuadée que l’écriture d’Agota Kristof n’aura laissé personne dans l’indifférence. Nous le verrons bien très prochainement. Merci pour ton commentaire Henri et à la prochaine.

  2. Enric dimarts 12 de novembre de 2019 - 20:10 h

    Bonjour Esther.

    Klaus et Lucas, deux jumeaux, la ville est en guerre, la deuxième guerre mondiale, ils sont envoyés par sa mère à la campagne, chez leur grand-mère. Une grand-mère affreuse, sale et méchante, qui habite en la misère et qui leur mènera une vie dure. Pour surmonter toutes ces atrocité, Klaus et Lucas vont entreprendre seuls une étrange éducation apprennent à survivre au milieu de la guerre et d’un environnement violent, cru et agressif. Ils ont vite fait d’intégrer les règles du jeu, de la lutte par la surveillance et s’adapter aux situations les plus critiques avec un détachement et un cynisme qui interpelle. Malgré cet univers gris, plein de misère humaine, perverse, abjecte, brutale, intransigeante, incompréhensible, sadique et malgré la froideur des personnages, la manque d´aucun sentiment et le malaise de certaines scènes, tu te sens pris par ces chapitres courts, concis, rapides qui s’enchaînent vivement à quel point l’être humain, qu’il soit adulte ou enfant, peut devenir le plus abject possible dans certaines situations. Le décor est la guerre mais il sert pour mettre en relief les différents tableaux de la déshumanisation des personnes.

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