Biblioteca Municipal Joan Oliva i Milà Ajuntament de Vilanova i la Geltrú

Biblioblog – Fora del prestatge

Parle-leur de batailles, de rois et d’elephants. Mathias Enard

En traçant ses premières esquisses, il pense à Léonard de Vinci, à qui tout l’oppose, à croire qu’ils vivent dans deux époques distantes d’une infinité d’éons(…). Il était venu pour l’argent, pour dépasser Vinci et se venger de Jules II, et voilà que la tâche le transforme, tout comme la Pietà ou le David l’ont métamorphosé. Michel- Ange est modelé par son œuvre. Mathias Enard.

 
Chers lecteurs/lectrices,
 
ParlerAvec Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants nous voici transportés à l’époque de la Renaissance, une période riche et prospère où se produit l’exode de nombreux artistes, scientifiques et intellectuels lors de la chute de Constantinople et où exotisme, Orient, Istanbul, art, architecture, voyage et fascination imprègnent une ambiance que l’on retrouve dans les contes issus de la tradition populaire orale d’origine indienne qui ont transité par la Perse et ont été recueillis plus tard et répandus par les marchands dans le monde arabe.
 
Un livre très agréable et qui se lit d’une traite, rempli de détails qui évoquent un temps passé et où Mathias Enard mêle habilement fiction et éléments historiques réels qui contribuent à donner de la vraisemblance à cette histoire et à ce décor. Pour cela, l’auteur s’est inspiré d’une anecdote historique attestée, celle du sultan de Constantinople qui proposa la construction d’un pont à Michel-Ange après avoir refusé le projet présenté par Léonard de Vinci. Je vous passe un document que j’ai trouvé sur le net à propos du Pont de Galata, Istambul et ce fait.
 
L’auteur a placé des personnages bien choisis comme celui de Mesihi De Pristina, l’angélique et passionné poète, maitre du renouveau de la poésie ottomane et protégé du vizir. Celui de Michel-Ange, l’artiste ambitieux, laid, malodorant, introverti, aux accès de violence et tourmenté, aspects cependant qui contrastent avec sa grande sensibilité. Une mystérieuse danseuse andalouse qui ne pouvait certainement pas manquer dans le récit pour tout ce qu’elle représente et à laquelle on a confié une mission…
 
Mathias Enard est un écrivain traducteur français, né en 1972 et spécialiste des langues et cultures arabe et persane, qu’il a étudiées à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales à Paris.
 
Après des séjours à Téhéran, Le Caire, Damas, Soueida, Beyrout et Tunis il s’installe finalement à Barcelone l’an 2000, anime plusieurs revues culturelles, publie diverses traductions de l’arabe et enseigne cette langue à l’Université de Barcelone. La Perfection du tir est son premier roman (2003), auparavant il avait publié deux recueils de poèmes : Travail de nuit et Parfois entre nous la mer (1990).
 
Ses romans ont reçu de nombreux prix et notamment avec son roman Zone, il se fait remarquer par le grand public en composant un livre dont chaque chapitre est constitué d’une seule phrase, sans terminaison.
 
Il a été lauréat du Goncourt Lycéen (2010) pour Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants et prix Goncourt (2015) pour Boussole. Je vous affiche une bibliographie Mathias Enard pour en savoir davantage sur lui.
 
 

 
 
Biblioteca Joan Oliva i Milà.

2 Comentaris fins ara

  1. ESTHER dimecres 20 de febrer de 2019 - 7:14 h

    Bonjour Karla,
    Tu as tout à fait raison dans ton commentaire et la grande majorité des membres assistants ont apprécié ce petit livre et coïncident avec ton point de vue. Un livre comme celui-là est agréable à lire car il aspire à construire un monde meilleur bien que ce soit une utopie dire cela.
    Mathias sait très bien écrire et réussit à donner beaucoup de vraisemblance à son récit. Le décor chargé d’exotisme avec toute l’évocation d’une ville riche et dynamique grâce à son commerce, sa gastronomie typique, ses minarets, remparts etc…tout l’ensemble est très bien décrit. Le fait qu’il introduise aussi dans son récit les différentes personnalités qui ont existé historiquement comme le vizir Ali Pacha, le sultan Bayazid, le prédicateur Savonarole, les lettres qu’il a utilisées (même s’il a changé les dates et les lieux) ont contribuées à faire un récit bien élaboré.
    Quelques membres ont apprécié aussi le ton poétique de l’œuvre et les faits précis que Mathias évoque de la vie de Michel-Ange comme sont ses accès de colère, sa laideur et ses manies, la manière dont il recherchait la beauté et la perfection du trait et voulait surpasser son maitre Leonardo mais aussi la tolérance religieuse et la cohabitation des cultures.
    Tout cela et bien d’autres choses ont été commentées comme de coutume au club. Au plaisir de te revoir !

  2. Anònim dimarts 19 de febrer de 2019 - 12:27 h

    Un petit livre raffiné qui était bien venu après le réalisme cruel et dur d’Allah n’est pas obligé.

    Le titre de ce nouveau livre me paraissait exotique et faisait appel à mon imagination. Après l’avoir lu je me suis rendu compte qu’il y est effectivement question de «batailles», de «rois» et d’un «éléphant».

    J’ai trouvé ce petit livre ingénieux. L’auteur c’est notamment basé sur un seul fait historique concernant la biographie de Michel-Ange notamment l’invitation du sultan de Constantinople afin de concevoir un pont et la trouvaille d’un croquis anonyme d’un pont qui pourrait être attribué à Michel-Ange. Ce croquis était pour la construction d’un pont sur la Corne d’or mais qui n’a jamais été réalisé à cette époque.

    Bien que l’histoire contée soit fictive, j’avais tout de même l’impression qu’elle était véridique.

    Le pont symbolise la connexion entre l’Europe et l’Asie, entre différentes cultures, différentes religions, différents peuples et mœurs etc. L’auteur nous guide avec élégance entre ces 2 mondes d’un bref chapitre à l’autre.

    J’ai trouvé la lecture du livre très agréable. Le vocabulaire simple, éloquent, poétique et raffiné.

    Bon commentaire et à la prochaine – karla.

Deixa un comentari