Biblioteca Municipal Joan Oliva i Milà Ajuntament de Vilanova i la Geltrú

Biblioblog – Fora del prestatge

L’enfant de sable. Tahar Ben Jelloun

J’ai vécu dans l’illusion d’un autre corps, avec les habits et les émotions de quelqu’un d’autre. J’ai trompé tout le monde jusqu’au jour où je me suis aperçue que je me trompais moi-même.
Tahar Ben Jelloun.

enfantdesableChers lecteurs, lectrices,

Nous avions déjà eu le plaisir de lire Tahar Ben Jelloun avec Partir, livre qui expose la problématique de l’immigration clandestine et ce mois-ci, c’est au tour de L’enfant de sable, un roman qui a la caractéristique d’être différent et original. Le récit est présenté comme un conte où pèse tout le poids de la tradition et si le lecteur se laisse emporter par la belle et sensible pulsion d’écriture de l’auteur, il doit rester attentif aux diverses voix narratives qui surgissent le long de l’histoire pour ne pas perdre le fil.

L’affrontement que le protagoniste mène à cause de son indétermination sexuelle tout au long du livre donne au roman toute sa portée existentielle et idéologique qui ne sera résout qu’au prochain roman de l’auteur, La Nuit sacrée(1987), et pour lequel il reçoit le Prix Goncourt.

L’auteur:

Tahar Ben Jelloun est un écrivain et poète marocain de langue française né à Fès le 1r décembre 1947. Il suit ses études primaires dans une école arabo-francophone. Plus tard il est obligé d’interrompre ses études de philosophie à Rabat car il est soupçonné d’être le meneur d’une manifestation estudiantine.
Pendant deux ans il va être interné dans un camp disciplinaire de l’armée où il écrira en cachette son premier poème l’Aube des dalles. Il continue ses études mais en 1971 l’enseignement de la philosophie est arabisé ce qui le contraint à partir en France pour suivre ses études supérieures où il pourra présenter sa thèse de doctorat en psychiatrie sociale qui lui servira pour son essai La plus haute des solitudes (1977), qui reflète la condition et la souffrance des travailleurs immigrés.

Les thèmes de l’œuvre de cet écrivain sont réalistes et actuels, traduits dans de nombreuses langues, ils exposent les problèmes du racisme, de l’immigration, de la religion islamique etc…, et construisent le lien qui tente de favoriser l’entente et la coexistence entre les cultures.
Citons notamment son dernier essai L’Étincelle. Révoltes dans les pays arabes (2010), qui lui a valu le lauréat du Prix de la Paix Erich Maria Remarque et Le racisme expliqué à ma fille (1998), ou L’Islam expliqué aux enfants (2002), qui le portent à dérouler des activités pédagogiques dans différents collèges européens où il est sollicité.

L’écrivain a également un rapport avec la peinture et, comme d’autres romanciers, (citons notamment Pascal Quignard dont nous avons lu le magnifique livre de Tous les matins du monde, se prend aux œuvres du peintre Georges de la Tour), Tahar Ben Jelloun, à celle de Giacometti avec La rue pour un seul (2003) où il contemple et se parle à lui-même.Je vous joins ici-bas des liens qui peuvent être de votre intérêt pour en savoir davantage sur l’auteur et vous attends vendredi 18 novembre à 16h30 à la bibliothèque.

Le livre:

tbjellounjpgCe roman a été publié en 1985. C’est un récit inspiré d’un fait divers authentique: un couple nayant pas d’héritier mâle décident d’élever sa huitième fille, prénommée Ahmed, comme si elle était un garçon.
Dans un quartier d’une ville arabe, le huitième enfant qui naitra au sein de la famille d’un riche commerçant, même s’il nait femelle, sera socialement obligé à être et se comporter comme un mâle……
 

  • Bibliographie
  • Boualem Sansal, Tahar Ben Jelloun, Mathias Enard et Marie NDiaye
  • La rue pour un seul
  • Esther Bruna
    Club de Francès

    1 Comentari fins ara

    1. Enric dimecres 14 de desembre de 2016 - 23:35 h

      Bonjour Esther.
      L’Enfant des sables, c’est l’histoire, forme de conte ou de fable d’Ahmed, huitième enfant d’un couple ayant déjà sept filles. Comble de malheur, honte sur la famille, c’est encore une fois une fille. Le père, toutefois, en décidera autrement. Il élèvera Ahmed comme un homme, dans une société patriarcal, pauvre sans suffisants ressources, misogyne, très tribal et féodale et où le poids de l´héritage de la tradition culturelle et religieuse musulmane est une dalle très lourde que condenne á la femme à un état d´esclavage et mépris. Mais l’essence même de cet ” homme “, sa féminité, réapparaît peu à peu et reprend le dessus. Apparaît alors le mal-être d’Ahmed et sa volonté de prendre un nouveau départ dans la vie à moins que cela ne soit trop tard.
      A mon avis la première moitié du récit est passionnante jusque la mort de la femme d´Ahmed et des ses parents et sa fuite, mais après, même que l´auteur utilise un langage poétique et joli, il commence divaguer avec différents narrateurs et versions de la histoire, avec aussi des reflétions abstracts et redondants, situations difficiles à comprendre et irréelles qui te font perdre le fil et l’intérêt initiale qui avait la histoire et sa thématique au début.

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