Biblioteca Municipal Joan Oliva i Milà Ajuntament de Vilanova i la Geltrú

Biblioblog – Fora del prestatge

Alabama song. Gilles Leroy

(…) Bien connue de nos concitoyens pour avoir été l’une des Southern Belle les plus étonnantes de sa génération, connue aussi comme romancière, peintre et icône du Jazz Age, Zelda vécut avec son époux la gloire à vingt ans. Passé le milieu des années trente, tous deux tombèrent dans l’oubli. » Montgomery Advertisser.11 mars 1948.

 
Chers lecteurs/lectrices,
 
Nous démarrons la saison de lectures 2018/2019 avec une biographie romancée de Zelda Sayre (1900-1948), une artiste peintre, danseuse et écrivaine, surtout connue pour être l’épouse de Francis Scott Fitzgerald, un célèbre auteur américain de l’époque d’entre-guerre et du courant littéraire nommé « la génération perdue », auteur de Gatsby le Magnifique (1925), son roman le plus célèbre. F_Scott_Fitzgerald_and_wife_Zelda_September_1921
 
Pour nous conter l’histoire de la belle Zelda, l’auteur d’Alabama Song, Gilles Leroy, lauréat du prix Goncourt 2007 pour cet ouvrage, s’est glissé dans la peau de Zelda, pour devenir à la fois narrateur et personnage principal pour livrer ce récit témoignant sur la vie dramatique de cette femme. À vous lecteur, comme d’habitude, de contredire ou réaffirmer cette opinion.
 
Gilles Leroy est un passionné des littératures américaines et japonaises et auteur d’ Habibi, son premier roman, Machines à sous (1998), L’amant russe (2002), ou Le Monde selon Billy Boy (2014). Il insiste dans plusieurs entretiens à propos d’Alabama Song qu’” il s’agit d’un roman et non d’une biographie “Il s’agit bien ici d’un roman, j’ai relu les livres, j’ai relu les lettres, mais, au-delà des évènements connus, je me suis surtout efforcé de lui rendre une voix personnelle. D’imaginer ses doutes, ses angoisses, ses envolées. De combler les lacunes laissées par les écrits biographiques”.
 
Pourtant beaucoup d’éléments de la vie de l’héroïne de son livre s’ajustent à la réalité. Notamment, sa jeunesse, ses séjours à l’hôpital, le succès, le rapport très complexe amour-haine du couple, la jalousie etc. Zelda, en 1932, écrit Accordez-moi cette valse, un roman autobiographique dans lequel elle explique son mariage avec Scott Fitzgerald.
Alabama Song est rédigé sous forme de réflexions intérieures de Zelda à la manière d’un journal intime “Pour moi, je n’ai pas à regretter ma solitude : jamais, dans les suites ni les villas ni les appartements, on n’a pensé à me réserver une pièce, oh! un débarras m’aurait comblée, un cagibi à moi où j’aurai pu écrire. Cela ne figure pas au programme du Couple Idéal, cela ne ferait pas bien non plus dans le catalogue de la Génération Foutue qui est une affaire de mecs blancs narcissiques.”

Les dates placées dans les marges permettent de bien suivre le récit malgré les ellipses et les flashbacks qu’il présente et situer les évènements de sa vie dans les différentes périodes évoquées.
 
 

 
 
Une vie une ouvre: Zelda Fitzgerald 1900- 1948
 
 
Biblioteca Joan Oliva i Milà.

2 Comentaris fins ara

  1. ESTHER diumenge 14 d'octubre de 2018 - 7:37 h

    Merci chère Marisa pour ton commentaire au blog. Tu ne pourras pas assister à la séance mais tu nous témoignes de ta satisfaction par écrit. S’il y a une chose qui me fait grand plaisir c’est que les lecteurs et les lectrices expriment leur ressenti après la lecture d’un livre proposé. Le blog prend vie, a un sens pour moi et pour la communauté car nous savons bien depuis la Bibliothèque Joan Oliva i Milà que d’autres lecteurs qui ne participent pas au Club, nous suivent à distance et empruntent les livres aussi. Le plaisir de la lecture partagée se propage en dehors des murs du Club.

  2. MARISA BERDUN diumenge 14 d'octubre de 2018 - 6:59 h

    Pour commencer, je veux dire que si je n’avais pas su que l’auteur d’ “Alabama Song” était un écrivain français, j’aurais d’abord cru que cette œuvre était écrite par une femme auteur américaine –et non seulement pour le titre du livre en anglais.
    Il faut constater que ce roman est très bien documenté du point de vue de l’histoire personnelle de Zelda Sayre et son mari Scott Fitzgerald. Le livre est un fidèle reflet de la société américaine de l’Âge du Jazz. Il faut remarquer aussi la splendide description de la psychologie féminine de Zelda, avec les hauts et les bas de sa personnalité, qui semble fait par une femme et non pas par un homme.
    La vie de Zelda est très dure et l’histoire un peu difficile à suivre. Très souvent il y a un décalage de dates; les évènements se mêlent dans la tête de Zelda parce que pour elle le passé, le présent et le futur sont une même chose: La recherche d’une identité qui puisse donner sens à sa vie.
    Le romancier joue deux rôles: Le narrateur et le personnage principal (Zelda). Il est complètement omniscient tout au long du récit et sait ce qui se passe à tout moment.
    Le rêve américain consistait essentiellement à avoir beaucoup d’argent pour être riche. Ça voulait dire triompher dans la vie et réussir. D’autant plus que pour un homme, la possession d’une belle femme était un signe de la réussite personnelle, et c’est pour cela que Scott s’est marié avec Zelda (la belle fille d’Alabama). Ainsi, il pouvait démontrer sa masculinité et devenir un écrivain célèbre avec cette identité. L’argent est toujours par-dessus les valeurs humains, et on ignore qu’être célèbre n´est pas un état permanent, mais un état éphémère.
    Pourquoi Zelda s’était marié avec Scott malgré connaitre sa condition d’homosexuel ? Je relève un extrait du livre qui donne une réponse.
    Scott et moi, nous avions besoin l’ un de l’ autre, et chacun a utilisé l’ autre pour parvenir à ses fins(…) Sans moi, il n’aurait jamais connu le succès. Peut-être même pas publié. Ne croyez pas que je le déteste. Je fais semblant de le haïr. Je l’admire. J’ai lu ses manuscrits, je les ai corrigés. “Gatsby le Magnifique”, c’ est moi qui a trouvé le titre(…) j’ estime mon mari (…) Mais cette entreprise à deux, ce n’est pas l’amour… (page 115)
    Mais elle devait jouer seulement le traditionnel rôle féminin et être comme une sorte d’accessoire décoratif de son mari, ne pouvant se réaliser comme une personne indépendante car l’égoïsme de son mari était le principal trait de sa personnalité. Il était le résultat de la société américaine de son temps Un facteur que je peux déduire et qui a peut-être contribué à la schizophrénie de Zelda est le fait de boire pour oublier quand elle se sentait abandonnée.
    Son mari était déjà un alcoolique. Scott était devenu une personne vide de vrais sentiments et la faisait interner dans différentes cliniques l’interdisant d’écrire afin de cacher la cruelle réalité. Ainsi, il pouvait continuer à être célèbre et occulter son homosexualité. Par conséquent, il était le vrai responsable du malheur de Zelda, mais ne le reconnaissait pas.
    C’est pour tout cela qu’il ne l’a pas laissé s’enfuir avec son grand amour Jozz, l’aviateur. Ce fait aurait été une grande humiliation de sa réputation comme écrivain brillant et, probablement, le bonheur de Zelda qui a dit:
    Quelle chose absurde(…) que Scott se ruine pour me faire taire, alors qu’il lui aurait suffi de me laisser avec l’aviateur pour être débarrassé de moi. (page 142)
    Scott aurait pu aussi laisser revenir Zelda à son Alabama natale pour jardiner avec sa famille, au lieu de l’enfermer dans de si nombreuses cliniques où elle a été torturée et où elle a succombée dans ce même asile suite à un incendie alors que Zelda aurait pu être reconnue comme romancière, peintre et icône du Jazz Age.
    Je veux dire aussi dire que Zelda avait adopté un bon comportement aux cliniques à propos de la religion et du puritanisme. Elle confesse à sa sœur Tallulah:
    …Depuis que je parle de Dieu, ils me trouvent beaucoup moins folle(…) Il suffit d’aller à l’église épiscopale un dimanche, de se tenir en retrait(…) Retire-leur le mot Dieu, et ils sont tous bons pour l’asile(…) La religion est une question de santé publique. On ne rigole pas avec ça.(page 160)
    En résumé, ce roman qui dépeint une réalité déformée par l’imagination de l’auteur montre la réalité de l’Amérique de la première moitié du siècle XX à travers de Zelda Sayre. Ce monde matériel avait échoué parce la splendeur était seulement apparente et temporaire, comme un mirage. Quand le succès s’éclipsait, la vie s’écroulait et tout s´évanouissait. Et comme “Gatsby le Magnifique”, “Alabama Song” peut être considéré comme le portrait véridique de la société américaine de son temps.

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