Biblioteca Municipal Joan Oliva i Milà Ajuntament de Vilanova i la Geltrú

Biblioblog – Fora del prestatge

Séance de lecture en voix-haute de poésie. Charles Baudelaire

Le club de lecture en français commence l’année en poésie.

Dialogue Mallarmé avec Degas…Le peintre entreprenant d’écrire des sonnets… « J’ai pourtant des idées… » et Mallarmé qui répond « Mais Degas, ce n’est point avec des idées qu’on écrit des vers : c’est avec des mots »
 
Harmonie du soir XLVII
 
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige c5366a7c3832e8d79e79a7ff8e48276b--baudelaire-weheartit
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
 
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
 
Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.
 
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige …
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
 
Baudelaire.
 
Quoi de plus satisfaisant que d’entamer l’année 2018 en poésie. Ce genre littéraire qui a permis à l’humanité toute entière de s’exprimer à travers les mots qui sont susceptibles de nous procurer de l’émotion. La poésie est une belle expérience pour le lecteur quand il s’y en approche, la tâtonne et y prend gout jusqu’à lui en devenir fidèle. Le lecteur qui aborde la poésie, entreprend une aventure fascinante, en découvre le sens souterrain et les divers chemins à laquelle elle mène.
 
L’écrivain choisi pour notre séance de lecture de poésie est Charles Baudelaire, poète né à Paris en1821. Définir son écriture est chose bien compliquée. Elle se caractérise pour sa modernité et pour extraire la beauté du Mal, son thème central, pour concevoir l’inspiration intime qui est celle d’essayer d’atteindre l’Idéal sans jamais y arriver, le beau et le bien qui oscillent entre l’angélique et le satanique, la passion voluptueuse, l’hymne à la sensualité féminine, la mélancolie , le souvenir lié à l’amour, l’ambivalence, la dualité , la contradiction, le trajet de l’humain toujours sans fin par sa mortelle condition et, un long etcetera.
 
Il est donc beaucoup plus important plutôt que d’essayer de la définir, de la lire et y rechercher ses figures de style, la sonorité de ses rythmes, l’imagination ou l’intention du poète qui réactive la nôtre et ainsi la penser pour mieux l’apprécier. La lecture en groupe et en voix haute est un exercice très bénéfique et où les assistants sont la clé qui donne le sens à ce partage d’idées.
 
L’auteur
 
Charles Baudelaire perd son père en 1827, peintre et homme illustré et haïra l’homme avec lequel sa mère se marie un an plus tard, le baron et commandant militaire Aupick . Il suivra ses études suivant les villes où son beau-père sera destiné et se plaira à s’opposer aux valeurs de la bourgeoisie du Second Empire.
 
Provocateur et in conformiste il se lie étroitement à la bohème romantique, aux artistes par vocation, anti-bourgeois, aux écrivains tels que Gérard de Nerval, Balzac, Théodore de Banville, Théophile Gautier qui s’efforcent à prendre leurs distances par rapport à la grande poésie romantique de la république des lettres (Victor Hugo, Lamartine, Alfred de Musset, Alfred de Vigny). Il rêve comme ceux de sa génération dans une société qui ne leur accorde pas d’importance et où les activités artistiques sont de simples distractions.
Suivant la critique érudite, c’est l’époque où il connaitra, Sarah La Louchette, une prostituée avec qui il s’initiera et qui lui transmettra la syphilis. Les trois autres femmes et inspiratrices d’une part de son œuvre bien qu’elles n’y soient jamais mentionnées seront Jeanne Duval (1842), Marie Aubrun (1847) et Apollonie Sabatier(1852).
Baudelaire aime sa vie de dandy flâneur, écrit beaucoup de 1840 à 1843 bien qu’il ne publie pas. Remarquable dessinateur, poète distingué et original, il se préoccupe autant de peinture que de poésie. Il est grand admirateur du peintre Delacroix et de Manet et a été un brillant défenseur de la peinture romantique et un grand critique d’art. Il a admiré l’écrivain nord-américain Edgar Poe et a traduit au français ses Histoires extraordinaires et Les nouvelles histoires extraordinaires ainsi que la musique de Wagner.
 
Je vous affiche la chronologie de sa vie recompilée par l’écrivain, journaliste et érudit français Pascal Pia (Pierre Durand) pour en savoir bien davantage sur cet artiste.
 

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http://litterae.pagesperso-orange.fr/page3.3.baudelaire.html
http://www.discursovisual.net/dvweb35/TT_orejudo.html
http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/baudelaire-charles-lalbatros-poeme-version-6.html

 
Biblioteca Joan Oliva i Milà.

3 Comentaris fins ara

  1. Esther dimarts 23 de gener de 2018 - 17:18 h

    Pauvre humanité soumise à la déception et au désenchantement. Le poème Au lecteur contient une portée universelle. Le poète s’adresse à nous et à lui-même.L’Ennui est la mélancolie où se plonge le poète, où il enclenche cette vision malheureuse du monde et de l’Histoire.

  2. Mar dilluns 22 de gener de 2018 - 17:09 h

    AU LECTEUR! – BAUDELAIRE
    Ce poème est une préface du livre les fleurs du mal, il nous annonce quelques thèmes qui vont être abordés dans le livre. Il nous propose une vision pessimiste de l’homme.
    C’est un poème qui veut être très proche parce qu’il utilise toujours le pronom nous. Le poème est une sorte de provocation puisqu’il nous traite d’hypocrites.
    Je crois que dans ce poème, Baudelaire veut nous montrer la toute-puissance du mal. On n’est qu’une marionnette que le diable domine. Satan s’empare de notre volonté. Il veut nous montrer que c’est Satan qui dirige l’homme, et non Dieu.
    Dans le poème, il y a aussi des références aux vices mortels des hommes. Il dit que le pouvoir destructeur de l’homme est seulement ralenti par sa lâcheté.
    On voit un homme faible et sans volonté dominé complètement par le diable. Il déshumanise l’homme puisqu’il n’est plus maître de son corps.
    Baudelaire nous parle de l’Ennui comme un monstre silencieux capable de faire de la terre un débris. L’Ennui a des envies meurtrières et ça renforce son atrocité.
    AU LECTEUR!
    La sottise, l’erreur, le péché, la lésine,
    Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
    Et nous alimentons nos aimables remords,
    Comme les mendiants nourrissent leur vermine.
    Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;
    Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
    Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
    Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.
    Sur l’oreiller du mal c’est Satan Trismégiste
    Qui berce longuement notre esprit enchanté,
    Et le riche métal de notre volonté
    Est tout vaporisé par ce savant chimiste.
    C’est le Diable qui tient les fils qui no
    us remuent !
    Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;
    Chaque jour vers l’Enfer nous descendons d’un pas,
    Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.
    Ainsi qu’un débauché pauvre qui baise et mange
    Le sein martyrisé d’une antique catin,
    Nous volons au passage un plaisir clandestin
    Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.
    Serré, fourmillant, comme un million d’helminthes,
    Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,
    Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
    Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.
    Si le viol, le poison, le poignard, l’incendie,
    N’ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins
    Le canevas banal de nos piteux destins,
    C’est que notre âme, hélas ! n’est pas assez hardie.
    Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
    Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
    Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
    Dans la ménagerie infâme de nos vices,
    Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
    Quoiqu’il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
    Il ferait volontiers de la terre un débris
    Et dans un bâillement avalerait le monde ;
    C’est l’Ennui ! – l’oeil chargé d’un pleur involontaire,
    Il rêve d’échafauds en fumant son houka.
    Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
    - Hypocrite lecteur, – mon semblable, – mon frère !

  3. Esther dilluns 22 de gener de 2018 - 17:06 h

    La séance du club a été spéciale aujourd’hui. Le pouvoir et la magie de la littérature ont favorisé cette ambiance,ce moment précieux et unique. Suspendu le temps, l’Art de Baudelaire a trouvé la complicité de ceux et celles qui ont fait revivre sa magnifique poésie.

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