Biblioteca Municipal Joan Oliva i Milà Ajuntament de Vilanova i la Geltrú

Biblioblog – Fora del prestatge

Le vieux nègre et la médaille. Ferdinand Oyono

Il réalisa qu’il était dans une situation étrange. Ni son grand-père, ni son père, ni aucun membre de son immense famille ne s’étaient trouvés placés, comme lui, dans un cercle de chaux, entre deux mondes, le sien et celui de ceux qu’on avait d’abord appelés les “fantômes” quand ils étaient arrivés au pays. Lui, il ne se trouvait ni avec les siens ni avec les autres. Ferdinand Oyono.

clfChers lecteurs, lectrices,

La littérature africaine francophone est à l’honneur pour démarrer la neuvième session du Club de lecture en français de la bibliothèque Joan Oliva i Milà. D’une part, en première lecture, Ferdinand Oyono, un des premiers romanciers africains qui met en scène la vie quotidienne dans la société africaine à l’époque coloniale puis, en deuxième lecture, Gaël Faye qui nous situera dans les années 9o en nous racontant la vie de Gaby au Burundi lorsque commence à s’installer la guerre à Rwanda.

Deux livres intéressants et différents au point de vue écriture et époque, sélectionnés parmi tous ceux que nous aurions pu choisir bien entendu, et parmi tous ceux que nous n’aurons pas la possibilité ou l’occasion de lire. Le domaine de la lecture étant un univers bien immense, j’espère, dans tous les cas que ce choix vous plaira et que nous en ferons ensemble un bon commentaire.
Né le 14 septembre 1929 à N’Goulemakong, près d’Ebolowa (Cameroun), Ferdinand Oyono est l’auteur de trois ouvrages. En 1956 il publie Une vie de boy et Le vieux nègre et la médaille et en 1960 Chemin d’Europe, trois romans où il traite avec précision et énergie la problématique coloniale du peuple soumis.

Oyono, dans le Le vieux nègre et la médaille a mis en scène un personnage principal, le vieux Meka, habitant de la ville de Doum et l’histoire symbolique de la remise d’une médaille qui va lui être livrée en personne par le grand «Chef des Blancs» afin de décrire la réalité sociale et coloniale de cette époque d’une façon bien explicite. Le lecteur découvrira le drame psychologique souffert, le besoin impérieux de faire rejaillir ses racines africaines, ses superstitions, ses coutumes et «balayer comme un raz de marée des années d’enseignement et de pratiques chrétiennes», lui qui a perdu ses fils à la guerre et embrassé la mission catholique avec grande fierté.

oyonoOyono apporte dans ce tout petit livre une série de thèmes qui veulent enrichir un débat qui mène à réfléchir tels que la nature des rapports existant entre les colons et les indigènes, celle des indigènes entre eux (Nkdo n’a pas suivi la conversion et a encore cinq femmes et pense aller briser les pattes de l’antilope pour la sixième fois…), l’hypocrisie (les discours plein de fraternité), le racisme (le Chef des Blancs prend une médaille différente à celle de Pipiniakis le grec…), la vieillesse, l’alcoolisme etc, le livre grouille d’exemples.
 
Le parcours académique et professionnel de Leopoldo Ferdinand Oyono a été long et brillant. Il obtient son certificat d’études primaires au Cameroun et continue ses études secondaires et supérieures en France. Il poursuit ses études à la Faculté de Droit à la Sorbonne et à l’Ecole Nationale d’Administration (section diplomatique) et commence sa carrière de diplomate en 1959. Il devient Ambassadeur Représentant du Cameroun dans divers postes (Nations Unies à New York, en Algérie, en Libye, en Grande-Bretagne, Scandinavie…) et à partir de 1987 participe à de nombreux gouvernements de son pays et assure la charge de différents ministères comme les Affaires étrangères ou la Culture au sein du gouvernement camerounais. Dans le lien affiché ici-bas vous pouvez en savoir beaucoup plus de cet humaniste reconnu et distingué décédé le 10 juin 2010.

  • Centre de formation pour le développement et la solidarité internationale
  • Un recorregut per la literatura africana
  • La littérature d’Afrique noire
  • Oralité, tradition, champ littéraire africain
  • VIDÉO:
    Obsèques officielles F. L. OYONO

    Biblioteca Joan Oliva Milà.

    2 Comentaris fins ara

    1. Esther divendres 22 de setembre de 2017 - 16:25 h

      Bonjour Henri.
      Je suis tres contente que le livre t’ait plu. C’est vrai que le mot nègre est caduque de nos jours mais quand j’allais à l’école je me souviens parfaitement que nous chantions la comptine qui disait comme ça:
      Le petit négro (et si on cherche l’ethymologie, ça provient de la langue espagnole)

      Un jour dans sa cabane
      Un tout petit petit négro
      Jouait de la guitare
      Olé olé oh banjo

      REFRAIN
      Zoum balazoum
      Balazoum bam bam
      Zoum balazoum
      Balazoum bam bam
      Olé olé oh banjo

      Un jour dans sa cabane
      Un tout petit petit négro
      Mangeait une banane
      Olé olé oh banjo

      REFRAIN

      Un jour dans sa cabane
      Un tout petit petit négro
      Dormait sur sa paillasse
      Olé olé oh banjo

      De nos jours les enfants doivent certainement chanter cette version pour qu’il n’existe aucune connotation efectivement.

      Un jour dans sa cabane
      Un tout petit petit bonhomme
      Jouait de la guitare
      Holého banjo ho ho!
      Zoom bala zoom bala zoom bom bom
      Zoom bala zoom bala zoom bom bom
      Zoom bala zoom bala zoom bom bom
      Holého banjo ho ho!
      Un jour dans sa cabane
      Un tout petit petit bonhomme
      Mangeait une banane
      Holého banjo ho ho!

    2. Enric divendres 22 de setembre de 2017 - 8:39 h

      Bonjour Esther,
      Avec une écriture simple mais ne pas exempte de profondeur et avec un l’humour et une ironie présente dans tout le récit, il utilise le mot « negre » terme péjoratif de connotation raciste, l´auteur nous fais une description à travers du personnage principal Meka du contraste entre la mentalité et les mœurs des habitants de l`Afrique avant et après de la colonisation de ses territoires par l’homme blanc. Quel a été la contribution de la civilisation de l’homme blanc á ces peuples, le progrès ? Non ? Elle a été la déprédation : l´exploitation des ressources, la ségrégation raciale, l´alcoolisme, la répression sociale, la soumission, la fomentation de la haine entre les différentes ethnies pour maintenir le control des natives, etc. L´auteur tracte très bien la réalité de ce qui a représenté la colonisation pour eux. Un livre intéressant et très bien écrit.

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